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Sélection trimestrielle

Chaque trimestre, parmi les photos déposées par les membres de Monsieur Photo durant le trimestre précédent, un jury composé de 4 personnes a fait une sélection sur un thème prédéfini (et qui changera à chaque fois).
Découvez ces photos dans la catégorie Reportage pour ce trimestre et votez pour votre préférée jusqu'au 14-05-2011.
Pour voir la sélection et voter (ou voir le résultat en fonction de la date), cliquer ici.

   

::- Biographie :-: Bibliographie -::

EDOUARD BOUBAT (1923 - 1999)

Sa biographie - Ce qu'il a dit - Interview

Biographie :

Edouard Boubat, né en 1923 et enfance dans le quartier de Montmartre à Paris, étudie à l'Ecole Estienne, puis travaille dans un atelier de photogravure. De cette époque il écrit :"La lumière glauque des laboratoires de photogravure où je coulais sur une plaque de verre le collodion faisait déjà rêver : voir la vraie vie.

Il découvre la photographie en même temps que l'amour juste après-guerre, en 1946 et reçoit le prix Kodak en 1947.
Dans les années 50, il voyage un peu partout dans le monde pour le magazine Réalités : Italie, Espagne, Mexique, Etats-Unis, Jordanie, Liban, Brésil, Maroc, Yémen, Pérou, Kenya, Vietnam, Suède... curieusement, ce sont surtout ses photos de Paris dont on se souvient. Il rencontre Robert Frank, expose aux côtés de Brassaï, Izis et Doisneau. Il achète son premier Leica.
Commence alors une vie de voyageur inlassable, toujours attentif à la magie de l'instant, réceptif à l'humain et à son environnement, amusé, sage et plein d'humour.

Photographe du bonheur indicible, il devient indépendant en 1967 Photographe du bonheur indicible, il devient indépendant en 1967, et travaille avec l'agence Top-Rapho à l'instar de ses collègues Doisneau, Willy Ronis et Sabine Weiss. Depuis, il ne cesse de voyager, d'être publié, son travail est exposé dans le monde entier. Grand prix du livre aux Rencontres d'Arles en 1977 pour "La survivance", il reçoit en 1984 le Grand prix national de la photographie, puis en 1988, celui de la Fondation Hasselblad.
Boubat travaille et vit à Paris, rue Rosa-Bonheur, ça ne s'invente pas.
Il meurt en juin 1999.

 

 

 

Ce qu'il a dit à propos de la photographie :

Voici quelques uns de ses écrits, quelques unes de ses réparties, digressions ou autres remarques qui apportent un éclairage sur l'ensemble de son œuvre.
Ainsi, à propos de la photographie, il citait Ingres : "La photo, c'est très beau, mais il ne faut pas le dire."

Ou encore : "Quelle folie de vouloir arrêter le temps et cependant, quelquefois, ça arrive : coups de foudre, regards. En route ! La chance du photographe, c'est de marcher et de flâner. J'ai vu les artisans du Marais (qui déjà disparaissaient), j'ai vu les ateliers d'artistes, les Folies-Bergère, les usines, les écoles, les hôpitaux, les jardins ; partout, je me fais oublier, je disparais dans mes photos...".
Une phrase qui prend à présent une résonance particulière...

Extrait de RÉPONSES PHOTO SEPTEMBRE 1999.

 

 

 

 

Interview :

Réponses Photo : Comment à débuté votre histoire d'amour avec la photo ?

Edouard Boubat : J'avais 20 ans après la guerre. Comme tous les gens de ma génération, j'étais saisi par un immense appétit de vivre. J'étais très attiré par la création. J'aimais la peinture mais je n'avais pas l'intention d'en vivre. Finalement j'ai étudié la photogravure à l'école Estienne. On réalisait des négatifs sur plaque de verre selon le procédé ancien du collodion humide. J'ai été conquis par cette atmosphère de magie qui entourait la préparation des plaques. Quand j'ai commencé à prendre mes premières photos dans les années 4550, je photographiais dans les rues. Personne ne nous demandait de faire cela. D'autant moins que nous ne nous doutions pas que le monde dont nous étions témoins après la guerre était appelé à disparaître. Ce n'était donc pas la nostalgie qui m'animait. D'ailleurs, je ne suis pas un champion de la nostalgie. Ce qui m'attirait, c'était la poésie de ce monde et de cette époque : nous n'avions pas un sou mais nous étions heureux.

RP : Comment êtes-vous devenu professionnel ?

EB : Je suis un des rares rescapés de la photographie : j'ai toujours vécu de mon travail. Professionnellement, tout a commencé en 1951. Cette année-là je participai à une exposition collective à la librairie "La Hune" entre le Café de Flore et les deux Magots. C'était la grande époque de Saint-Germain-des-Prés et de l'existentialisme. Le jour de l'ouverture de l'expo, j'ai trouvé un mot du directeur de Réalités me demandant de le voir. C'était une bonne revue. J'y ai eu ma première commande et petit à petit, j'ai fait partie de l'équipe. Je faisais du reportage. Comme le magazine était mensuel, nous n'étions pas liés à l'actualité si bien que les photos que j'ai prises alors tiennent encore. Réalités m'a envoyé un peu partout. J'ai alors connu un autre monde à une époque où les voyages étaient plus compliqués qu'aujourd'hui et où la planète était moins soumise aux rythmes du tourisme.

RP : Qu'est-ce qui vous satisfait dans une photo ?

EB : Comme je vous l'ai dit, j'adore la peinture. Mais, contrairement aux apparences, peinture et photographie sont très différentes. La photo c'est un instant de lumière, un moment où les personnages ont été devant nous. Je ne me pose pas la question de savoir si une photo est bonne ou mauvaise. Ce qui est important c'est qu'il y ait un "élan". Que je saisisse quelque chose à la prise de vue et que je sois saisis après par cette chose. C'est comme cela que je détermine au moment où j'examine la planche contact quelle photo j'agrandirai. Le plus important dans une photo, c'est donc qu'elle crève les yeux. Qu'elle soit techniquement bonne ou mauvaise n'est alors pas si important. D'autant moins qu'aujourd'hui tous les appareils font de bonnes photos. C'est ce qui a profondément changé depuis l'époque où l'on travaillait au Leica en mesurant la lumière avec une cellule. Le fait qu'il n'y ait pas plus de grandes photos aujourd'hui qu'alors prouve bien que ce n'est pas l'appareil qui fait la photo mais l'œil.

RP : La technique n'est donc pas importante ?

EB : Mais si bien sûr ! Mais elle est moins importante qu'en musique par exemple. Un musicien pourra prendre des leçons jusqu'à 70 ans. En photographie, ce qui compte c'est l'élan qui vous pousse vers les choses. Il faut aimer ce que l'on photographie. C'est alors que la technique prend son sens. C'est-à-dire rester au service d'un élan. J'ai très longtemps travaillé au Leica. C'est un appareil mythique. Au début, les magazines préféraient le Rolleiflex parce que les images étaient plus nettes. Aujourd'hui, tout cela a changé. Personnellement, je photographie en mode manuel avec des optiques simples. Bien sûr j'ai une gamme assez riche d'objectifs. Mais en pratique je travaille le plus souvent avec des focales qui se situent autour du 50 mm. Quant au film, en noir et blanc, j'emploie la Tri X en 400 ISO et, depuis quelques temps, l'APX 400 de chez Agfa, qui me donne satisfaction. Et puis il y a un point dont on ne parle pas assez souvent en photo. C'est la lumière. C'est d'autant plus étonnant que le mot photographie signifie "écrire avec la lumière" en grec. Ce qui me rend heureux, c'est quand la lumière change car ce sont à chaque fois des photos nouvelles qui en découlent.

RP : 50 ans plus tard, la photo est-elle restée magique ?

E B : Oui ! Car il s'y passe des choses incroyables. Tenez par exemple, quand un père photographie son enfant il ne fait pas seulement des photos de famille. En réalité, il lutte contre la mort. Il essaie d'arrêter le sablier. En photo, il y a toujours une dimension qui dépasse les apparences. C'est ce que j'appelle l'invisible ou si l'on préfère l'atmosphère. Car la photo n'est pas seulement visuelle elle est aussi narrative, lyrique. On "prend" des images mais on les rend après sous une autre forme. C'est en ce sens que je dis être un prédateur qui rend les choses. Le plus grand bonheur, c'est quand la photo devient une sorte de cadeau, celui de l'inattendu qui dépasse nos attentes. Ingres avait sans doute compris tout cela lorsqu'il disait : "La photo c'est très beau mais il ne faut pas le dire".

Propos recueillis par Thibaut Saint James

Extrait du RÉPONSES PHOTO SEPTEMBRE 1996

 

 

BIBLIOGRAPHIE D'EDOUARD BOUBAT

Ode maritime, Éditions Heibonsha, Tokyo, 1957.

Edouard Boubat (texte de Bernard George), Éditions Michel Brient, Paris, 1966.

Edouard Boubat, Éditions Norstedt, Stockholm, 1966.

Femmes (texte de Soren Kierkegaard), Éditions du Chêne, Paris, 1972.

Woman, Aidan Ellis Editions, Londres – New York, 1972.

Edouard Boubat (présentation de Bernard George), Éditions Camera, Lucerne, 1973.

Miroirs autoportraits (présentation de Michel Tournier), Éditions Denoël, Paris, 1973.

Anges (texte d’Antoine Blondin), Atelier d’expression, Paris, 1974.

La Photographie, Librairie générale française, Le Livre de Poche, Paris, 1974.

La Survivance, Mercure de France, Paris, 1976 (Grand Prix du Livre d’Arles 1977).

L’Ombre de l’autre (texte de Dominique Preschez), Éditions Berger-Levrault, Paris, 1979.

Boubat par Boubat (textes de Marguerite Duras et Edouard Boubat), Fondation Nationale de la Photographie, Lyon, 1979.

Au pays du cheval d’orgueil (texte de Pierre Jakez Hélias), Éditions Plon, Paris, 1980.

Préférées (présentation de Claude Nori), Éditions Contrejour, Paris, 1980.

Voyons voir (conversations avec Pierre Borhan), Éditions Créatis, Paris, 1980.

Vues de dos (texte de Michel Tournier), Gallimard, Paris, 1981.

Edouard Boubat (portfolio de 15 photographies originales, tiré à 50 exemplaires, texte de Robert Doisneau), Hyperion, New York, 1981.

Boubat (texte de Jean-Luc Mercié), Éditions Pierre Belfond, Paris, 1982.

Jardins et squares (texte de Bernard Noël), Éditions A.C.E., Paris, 1982.

Pauses, Éditions Contrejour, Paris, 1983.

Edouard Boubat (préface de Romeo Martinez, texte de Jacques Prévert), Fabbri, Milan, 1983.

Journal de voyage au Canada (texte de Michel Tournier), Éditions Robert Laffont, Paris, 1984.

Lella, Éditions Contrejour, Paris, 1987.

Edouard Boubat photographe.1950-1987, Éditions du Désastre, Paris, 1988.

Edouard Boubat (présentation de Bernard George), Collection Photo Poche, Centre national de la Photographie, Paris, 1988.

Les Boubat de Boubat, Éditions Belfond, Paris, 1989.

Le Paris de Boubat (introduction de Françoise Reynaud, préface de François Cavanna), Paris-audiovisuel et Paris-musées, Paris, 1990.

Mes chers enfants (présentation d’Antoine Blondin), Phébus, Paris, 1991.

Arbre : portrait (présentation de Bernard Noël), Éditions Agraphie, Montreuil, 1991.

Amoureux de Paris, Éditions Hors Collection / Presses de la Cité, Paris, 1993.

Les fenêtres de Boubat (préface de Gabriel Bauret, textes de Michel Butor et Dominique Preschez), Éditions Agraphie, Montreuil, 1993.

Comme une femme, Éditions Hors Collection / Presses de la Cité, Paris, 1994.

Carnets d’Amérique (texte de Dominique Preschez et Edouard Boubat), Éditions Complexe, Bruxelles, 1995.

Donne-moi quelque chose qui ne meure pas (texte de Christian Bobin), Gallimard, Paris, 1996.

Edouard Boubat, 50 ans de photographie (texte de Georges Vercheval), Musée de la Photographie, Charleroi, 1996.

 

 

 


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